Voie Pelbros – Aravis

By Bertrand, 17 novembre 2014

Lors d’une discussion sur le risque en montagne (et au-delà), Frédy, gardien du Promontoire, nous contait cette anecdote très parlante :

Dans la cour de récréation des enfants, tous les adultes s’accordent sur la nécessité d’installer un tapis à la réception du toboggan. Ceci afin d’éviter à nos chers bambins de se faire mal en cas d’atterrissage difficile.
Tout le monde s’accorde sur le besoin de protéger nos enfants.
Certes.
Mais qu’en est-il leur apprentissage ? Chuter peut faire mal. C’est indéniable. Leur apprenons-nous cette pragmatique réalité lorsque nous les protégeons du danger ?

Le débat peut se poser en montagne. Le suréquipement des voies est-il une bonne chose à long terme ? Ne vaudrait-il pas mieux aiguiser notre instinct montagnard sur des voies peut-être moins difficiles (dans un premier temps) afin de se laisser le temps de l’apprentissage ?

Seulement voilà. Si les voies dites de « terrain d’aventure » sont légion en montagne, ce n’est pas vraiment le cas à plus basse altitude, limitant par là-même les occasions de s’y frotter. Ceci est bien dommage car le plaisir de parcourir des voies vierges ou semi-vierges est un véritable plaisir : l’instinct prend le dessus sur la ligne de spits.

Certaines voies historiques des Aravis ont récemment été re-liftées dans cet état d’esprit. Particulièrement bien adaptées à la pose de coinceurs, ces lignes d’antan ont été débarrassées de tous les spits inutiles afin de leur redonner une nouvelle vie. Ce néo retour en arrière me paraît tout à fait légitime : les voies adaptées au terrain d’aventure sont plutôt rares et ne correspondent bien souvent plus aux critères de la grimpe moderne.

Nous sommes donc venus, pour la première fois, dans ce haut-lieu de la grimpe haut savoyarde avec notre batterie de friends et coinceurs. Ni les cotations ni la longueur de la voie n’étaient extravagantes, cependant nous avons le sentiment d’avoir vécu une aventure. Pas de celles qu’on empile, De celles qui restent.

Merci aux équipeurs et aux déséquipeurs de (re)donner une vie à ces belles lignes.

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