Goulotte à Pollux

By Bertrand, 1 avril 2015

Nous avions un beau projet en tête pour ce week-end de montagne. « Monter » au Requin pour visiter ce refuge que nous ne connaissons pas et découvrir le potentiel d’alpinisme hivernal offert par ce coin du massif.

Cependant comme souvent en montagne la météo dicte sa loi. Et dans notre cas forts vents et neige assombrissent nos espoirs.

Si bien que lorsque Stéphan et moi nous retrouvons samedi matin, nous nous rendons vite à l’évidence, un séjour en haute montagne n’a pas de sens dans ces conditions.

Que faire ?

J’avais bien vu sur internet un récit de course d’une goulotte située au-dessus du lac Lioson, au pied du pic Chaucy dans les Alpes vaudoises. Mais je n’ai pas plus d’informations que ce vague souvenir et de sérieux doutes quant aux conditions de terrain vu la chaleur de la semaine passée.

Nous nous décidons malgré tout pour ce plan B. Après tout, parcourir une goulotte dans les Alpes vaudoises est suffisamment insolite pour que l’on tente l’aventure. Et par ce temps, que faire d’autre à part rentrer à la maison boire un chocolat chaud ?

Arrivés aux Mosses, Stéphan et moi prolongeons la discussion. Ni l’un ni l’autre n’a de grosse motivation pour sortir par ce temps pluvieux. Après quelques hésitations nous finissons par prendre notre courage à deux mains et par chausser nos skis pour l’approche. Bien nous en a pris car après les premiers coups de spatule la pluie cesse pour laisser place à une accalmie qui se prolongera jusqu’à notre entrée dans le couloir de neige de notre voie du jour.

D’aspect, cette goulotte est vraiment jolie. Un mince couloir de neige encaissé qui s’étire le long de deux éperons rocheux. Certes celle-ci ne fait que 250 mètres de long mais elle a belle allure. Et dans ces conditions hivernales, on pourrait se croire en haute montagne. Pas de doute que cette goulotte mérite le détour. Rien de bien difficile (même si les conditions très sèches du jour obligent à quelques pas sur le rocher pas faciles) mais une ambiance vraiment sympathique et un incroyable plan de secours.

De retour à la maison nos esprits s’agitent pour prévoir le programme du lendemain entre nouilles japonaises, edamames et les battles de The Voice. Il n’y aura pas de photo de cette journée cependant ; nous aurons passé plus de temps assis dans des cafés et buvettes d’altitude qu’en haute montagne ! La fenêtre de beau temps escomptée n’est jamais venue. Ainsi est faite la montagne.

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