Bivouac aux Grands Charmoz

By Bertrand, 12 juillet 2014

S’offrir un bivouac en montagne est un luxe de rusticité, simplicité et proximité.

Un bivouac, c’est s’affranchir d’un toit. Le toit est un refuge, il nous protège, nous délimite et nous isole. Sans toit, nous sommes en lien direct avec la nature. Sa beauté, son souffle et ses soubresauts. Je n’arrive pas à dormir en bivouac. La nature est trop proche, trop vibrante. Telle une exploratrice solitaire revenue d’un lointain voyage, elle ne cesse de nous conter ses découvertes, ses détours, ses trouvailles.

Un bivouac, c’est une simple affaire. Nous sommes montés là-haut sans tellement savoir où nous dormirions. L’escalade était belle, le soleil radieux, le sommet rapidement gagné. Le soleil déclinant nous avons utilisé la première plateforme sommitale à notre disposition. Environ 8m2 pour quatre et un champ de vision infini, que demander de plus ? Durant la nuit, le ciel a changé d’avis. Nuages noirs, vent, grésil, éclats lumineux suspects. Nous voulions faire la traversée jusqu’au Grépon. Nous avons, nous aussi, changé d’avis. Une simple affaire disais-je…

Un bivouac, c’est la chaleur de l’amitié. Partager la même gamelle, rapprocher nos sacs de couchage, veiller sur nos compagnons de cordée… Notre cordée, ce jour-là, avait quatre membres. Chacun a surmonté des obstacles pour s’offrir ce moment. Jean-Baptiste a dû affronter le défi posé par les grévistes de la SNCF. Simon a dû subir le match France-Suisse toute une soirée entière dans une pizzeria d’Argentière. Stéphan a dû renoncer à son short léopard devant le poids de son sac. Quant à moi, j’ai dû endurer les ronflements de Stéphan, visiblement très à l’aise sur notre promontoire de granite. A côté de tout cela, les fissures verglacées des Grands Charmoz étaient de la franche rigolade.

 

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