Tour Ronde – Glacier de la Brenva

By Bertrand, 21 mars 2017

Lorsque les yeux d’un guide brillent à l’énoncé d’une course, c’est en général très bon signe.

Cela m’avait déjà marqué il y a quelques années lors de ma première expérience en haute montagne. Jean-Marc, Martin et moi passions alors la nuit à Torino avec comme objectif le Grand Capucin. Je ne connaissais quasiment rien à la haute montagne et le Grand Capucin n’évoquait chez moi aucune émotion particulière. Je me rappelle cependant précisément les yeux pétillants du guide à qui Jean-Marc parlait de notre projet du lendemain. Je crois qu’il aurait bien échangé sa place avec Jean-Marc ! Je réalisais alors que la course que nous projetions était un peu spéciale.

En ce vendredi ensoleillé de mars 2017, c’est à nouveau à proximité de la combe maudite que je me trouve. A ski cette fois avec mon ami Stéphane. Jean-Marc n’est plus là mais c’est déjà lui qui m’avait parlé de cette belle course qu’il affectionnait tant. Notre objectif est en effet de rejoindre le sommet de la Tour Ronde puis de descendre à ski son versant sud pour rejoindre le glacier de la Brenva.

Dans la benne italienne qui nous projette à plus de 3’000 mètres d’altitude, un guide français vante à son client les beautés de cet itinéraire. Ils n’iront pas skier ce versant car son client ne pratique pas l’alpinisme. Puis sur le chemin de la Tour Ronde c’est cette fois un guide italien qui me questionne sur notre objectif du jour. Toujours la même lueur dans les yeux.

Il s’agit indéniablement d’un grand et bel itinéraire à ski. Tout y est. L’approche dans le cadre idyllique de la Vallée Blanche et du granit orangé chamoniard. L’accès à la Tour Ronde qui fait appel aux techniques alpines. Un beau sommet puis une descente à ski exigeante et enthousiasmante. Elle est successivement aérienne sur le fil de l’arête sommité, raide pour rejoindre la face sud, astucieuse pour contourner les crevasses béantes.

Puis l’aventure continue avec une splendide traversée au milieu de la folie glaciaire de la Brenva sous les immenses faces de Peuterey. Ne restait plus qu’à trouver un cheminement à saute mouton pour rejoindre le Val Veny sans se prendre les pieds dans les rochers mouillés de la rivière pour finir cette belle traversée. Mémorable.

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