Lenzspitze (Face NNE) + traversée au Nadelhorn, ou deux 4 000 en une matinée !

By Bertrand, 30 juin 2013

Assurément l’une des plus belles faces nord des Alpes.

L'une des plus belles courses des Alpes suisses

L’une des plus belles courses des Alpes suisses

Une face d’une pureté magnétique, suivie d’une vertigineuse arête s’effilochant à plus de 4000 mètres et débouchant sur le Nadelhorn, deuxième sommet de plus de 4000 mètres foulé dans la journée. Le tout dans un superbe écrin glacé avec une vue circulaire sur les 4000 suisses…

Cette ascension était avant tout une histoire de swing.

Pas de swing musical ; swing dans son acception anglo-saxonne originelle, de mouvement et contre mouvement.

Swing vertical, comme cela est toujours le cas en montagne. Départ de Saas Fee samedi matin, 1 800 mètres d’altitude; simili de nuit (trop haut / trop chaud) à la sympathique Mischabelhütte à 3 300 mètres; le lendemain, sommet de la Lenzspite et du Nadelhorn 1 000 mètres plus haut; quelques heures plus tard retour à la boulangerie de Saas Fee, affamés et assoifés. Sans oublier les incessants « ups and downs » de l’arête reliant la Lenzspitze au Nadelhorn, sommets dont l’altitude est quasi identique mais dont la traversée nous a demandé près de 4 heures d’effort.

Swing météorologique. Samedi apocalyptique, avec une montée dans la neige, le froid et le vent, un 29 juin … Dimanche cristallin : nuit étoilée tout d’abord puis ciel bleu imperturbable.

« Mood swings » ensuite, soit de fortes variations d’état d’esprit ! Arrivés trempés samedi à la cabane, nous prenons une nouvelle douche froide lorsque la gardienne nous déconseille l’ascension devant l’incertitude de ce qu’il se passe là haut. Nous prenons alors la sage décision de faire une autre ascension, plus facile et moins soumise aux vents qui font vrombir le refuge. Le soir, alors que l’horizon se dégage peu à peu, nous changeons à moitié d’avis et décidons d’aller juger de visu les conditions de la face. Nous savons que cela nous empêchera de réaliser un autre itinéraire en cas de retraite prématurée mais après tout, nous sommes venus pour cette face nord. 3h30 dimanche matin, perchés sur un glacier, alors que trois cordées avaient décidé de faire comme nous et d’aller observer le pied de la voie, tout le monde part finalement sur l’itinéraire bison futé. Face à nous mêmes, nous décidons de poursuivre sur notre projet initial. A peine sortis des traces, la difficulté de prendre une décision différente des autres s’abat sur nous : incertitude, solitude, difficulté de faire sa trace. L’aventure est de retour ! Comme bien souvent dans la vie, la décision, si elle est difficile à prendre, apporte des résultats au-delà des attentes. Et ce fut le cas. Voie en très bonnes conditions (pas parfaites mais le charme se cache dans les détails) et surtout sentiment de solitude exaltant alors que nous traçons Notre voie.

Swing musical tout de même, car Michka, tout comme moi, apprécie la musique de Django. Conclusion habile car Django, c’est aussi la musique du 1er juin, date de notre mariage avec Stéphanie !

2 Comments

  1. B & T dit :

    On ne pouvait pas regarder ces photos sans laisser un petit commentaire sinon tu aurais été déçu ! 🙂
    Photos toujours magnifiques qui se terminent en plus en musique, ça nous rappelle de très bons souvenirs !!

  2. Thibaud dit :

    Vous etes des fous quand meme… Pas besoin de 7D pour faire de belles photos la haut, les paysages suffisent !

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